Header Ads

Un même processus, une nouvelle vision de la croissance !!!


1- La croissance : résultat d’une adaptation

Notre vision du processus et de sa facilitation n’a pas changé de façon importante, mais notre expérience nous a conduits à une nouvelle vision de la croissance psychique. Il est en effet devenu clair pour nous que la croissance n’est pas, comme Maslow l’a suggéré, une préoccupation qui émerge lorsque tous les besoins d’ordre inférieur (ou plus fondamentaux) sont assouvis. Au contraire,
c’est chaque fois que la personne complète une boucle du processus qu’elle se développe. En effet, chaque fois qu’elle traverse toutes les étapes du déroulement d’une expérience, elle assume et intègre cette dernière et devient, de ce fait, riche de cett e nouvelle expérience. Le changement n’est pas toujours visible de l’extérieur, mais la personne peut le reconnaître à partir du sentiment d’unification qu’elle éprouve à ce moment-là . Ce n’est que lorsque la personne réussit à s’assumer dans quelque chose de relativement spectaculaire que le changement est facilement visible de l’extérieur. Par exemple, lorsqu’elle réussit, pour la première fois, à donner son avis à une figure d’autorité, lorsqu’elle ose enfin exposer ses toiles, etc.

forme d’aspirations, de désirs ou de problèmes : un rapport à produire, un problème avec le patron,
le désir dans une relation, une nouvelle habileté à maîtriser... Chaque fois que la personne parvient
à se respecter et s’assumer totalement dans un de ces défis, elle a une impression d’accomplissement,
le sentiment d’être plus complète. Mais lorsqu’elle évite de confronter des défis importants pour elle,
c’est l’immobilité qui la guette; elle a l’impression, à juste titre, de ne pas évoluer ou même de se
dégrader.

2- La hiérarchie des besoins revue

Au risque de scandaliser les disciples de Maslow, nous devons également dire que l’échelle de besoins
qu’il nous a présentée n’a plus sa place dans notre vision des priorités qui motivent l’être humain.
Cette fois, ce n’est pas l’observation du processus de développement de l’expérience qui nous mène
à cette conclusion, mais plutôt nos observations sur le phénomène du transfert.

Nous avons maintenant la conviction que la recherche de la liberté intérieure (liberté d’être soi-même) est une des forces dominantes chez l’être humain. Sa tendance actualisante, ou force de vie, le pousse sans cesse à rechercher et à s’investir avec personnes et dans des situations qui sont significatives pour lui. Sans qu’il en soit nécessairement conscient, ces investissements s’avèrent des occasion d’évoluer. L’une ou l’autre des problématiques transférentielles, “droit à l’existence”, “droit à une identité distincte” et “droit d’être sexué” (Garneau, Larivey 1978,1983) sont en effet toujours en jeu dans ses relations importantes. Nous en sommes venus à penser que la tendance actualisante poussait continuellement l’individu à résoudre ses transferts. Il le fait pour reprendre possession du pouvoir qu’il cède encore aux figures significatives de son enfance (Larivey 1999).

La manière dont la personne voit à ses besoins physiques, de sécurité, d’affection (pour reprendre les
catégories de Maslow) est tributaire de sa problématique transférentielle actuelle. Celle qui lutte pour
obtenir plus de sécurité au travail, par exemple, entreprendra sa démarche différemment selon qu’elle
a ou non acquis le “droit d’être comme personne”. De plus, son défi, au-delà de ses objectifs de
sécurité, sera lié à sa problématique transférentielle.

3- Adaptation au sens de synthèse organismique

Il est important de préciser le sens exact de l’adaptation qui permet la croissance. Il ne s’agit certes
pas de la forme d’accommodation où la personne se conforme à ce que l’environnement attend d’elle.
L’adaptation dont il est question ici est plutôt un changement que produit la personne en choisissant
d’agir d’une manière qui tient compte de tout ce qui lui importe (particulièrement de ses besoins
et de ses valeurs) tout en prenant en considération les exigences de la situation. En d’autres termes,
elle se respecte totalement en tenant compte des circonstances. Le changement est donc le produit
d’une synthèse de son expérience et des exigences extérieures : la meilleure synthèse qu’elle peut réussir à ce moment particulier de son évolution. On pourrait comparer cette adaptation-croissance
aux mutations que réalisent les végétaux pour devenir plus aptes à résister aux dangers de leur milieu.
Le cactus s’est muni d’aiguilles pour se protéger des animaux qui voudraient profiter de sa capacité
de garder son humidité; on ne peut considérer cette évolution comme une adaptation qui le diminue.
Au contraire, il faut parler de "valeur ajoutée" à son identité de cactacée.

Pour qu’un changement d’une telle qualité puisse avoir lieu chez l’humain, il faut que son expérience
soit traitée correctement. Le fait de respecter ou faciliter le “processus vital d’adaptation” garantit
cette qualité. La personne qui s’abandonne au contenu de son expérience à travers les différentes
étapes (émergence, immersion, développement, prise de signification et action unifiante), choisit en
effet de s’en remettre à l’ensemble de son organisme pour traiter son expérience. L’auto-régulation
qui en résulte grâce à l’action unifiante contribue à son développement.

En accordant autant d’importance à la régulation organismique et au rôle du processus vital
d’adaptation pour traiter l’expérience émotive, il nous fallait, comme psychothérapeutes, une
compréhension approfondie des phénomènes émotionnels. C’est en effet à travers des préoccupations
toujours accompagnées d’émotions que la tendance actualisante se manifeste. Il nous a donc fallu
clarifier la nature et la fonction des divers phénomènes émotifs.

Aucun commentaire